Le Sens de l’Effort

Se dépasser, se confronter aux éléments, aux aspérités du terrain et à la météo, affronter la nature, l’admirer et communier avec elle, ne jamais abandonner, aller au bout, au-delà de soi… Ces mots sont ceux des traileurs quand ils parlent de leur passion. Des mots qui forcent le respect, plus encore quand ils puisent leur origine dans les racines des pratiquants.

trail sur les terrils du Bassin minier - Lens
Trail des Pyramides Noires © Pidz

« Quand on a eu, comme moi, un grand-père mineur, je crois qu’on a ça dans le sang : ne pas abandonner, résister, continuer d’avancer, comme eux le faisaient, au fond. C’est une forme de respect. »

Bertrand Tranchant

Ici le dénivelé, c’est l’histoire qui l’a créé : les traileurs s’entraînent sur les terrils que leurs grands-pères ou leurs arrière-grands-pères mineurs ont façonnés. Chaque année au mois de mai, le Trail des Pyramides Noires attire plus de 1000 coureurs qui affrontent jusqu’à 22 terrils sur 110km. Une aventure forte qui mêle sens de l’effort et sens de l’histoire, un événement sportif pour raconter et mettre en lumière le Bassin minier. La solidarité des mineurs est aussi celle des traileurs, ce sport bien souvent ne se pratique pas en solitaire mais en équipe, chacun se soutien, s’encourage, veille sur l’autre.

Les terrils sont leur terrain d’entraînement favori et à Noyelles-sous-Lens, le terril 94 accueille l’Arena Terril Trail : ses flancs ont été aménagés pour accueillir une piste de trail, des escaliers, un équipement de crossfit…

Plus au sud, les collines de l’Artois racontent un autre pan de l’histoire et offrent un dénivelé naturel : les traileurs aiment aussi s’y entraîner et se souviennent qu’ici, il y a cent ans, se sont déroulées des batailles effroyables… Pendant plusieurs années, le Trail des Poilus a été l’un des plus prisés. Il se déroulait sur le terrain même des anciens champs de bataille, dans un environnement rural au mois de mars où il n’est pas rare que la pluie transforme les fossés en tranchées… Les traileurs pouvaient choisir de courir avec le nom d’un soldat de la Première Guerre mondiale sur leur dossard. Tous ont rapportés qu’il leur avait donné la force de continuer, quand l’énergie commençait à leur manquer. Plus qu’un trail, une aventure humaine…