Lumière sur Soleils noirs

Poétique et sensorielle, l’exposition Soleils Noirs offre une rencontre inédite avec des chefs-d’œuvre de la peinture moderne et permet la découverte d’un art contemporain inspirant.

Près de 75 ans après l’exposition mythique Le Noir est une couleur, le visiteur du Louvre-Lens est plongé dans l’observation fascinante de cette tonalité au symbolisme pluriel dans les arts occidentaux.

3 questions à Marie Lavandier, directrice du Louvre-Lens et co-commissaire de l’exposition Soleils noirs

Que présente l’exposition Soleils noirs ?

Elle réunit près de 180 œuvres, croisant les époques et les disciplines, entre peinture, mode, arts décoratifs, projections et installations. D’emblée, l’exposition immerge le visiteur dans une expérience du noir familière, de thématiques omniprésentes dans l’histoire de l’art, comme la nuit et son ciel noir. Des œuvres de Velázquez et Ribera, mais aussi Delacroix, Courbet, Manet, Kandinsky, Matisse, Malevitch, Reinhard et Soulages, avec des pièces des créatrices Jeanne Lanvin et Yohji Yamamoto, Soleils Noirs interroge les paradoxes du noir et offre une occasion rêvée de se familiariser à l’art contemporain.

Quelle est la symbolique du noir dans l’art ?

Le noir est à la fois la couleur de tous les commencements, de l’infini, de l’intemporel mais aussi celle de la mort et de l’ignorance. Il suscite la crainte comme la fascination, tous deux ferments du sentiment mélancolique chers aux artistes, avant de devenir la couleur emblématique des modernités industrielle et esthétique. Empreint d’une dimension sociale forte, symbole de puissance, couleur de l’élégance comme de l’austérité, le noir répond à des codes dont s’emparent la mode et les artistes.

L’exposition rend aussi hommage au territoire : comment cela se traduit-il ?

Au cours du 19e siècle, la révolution industrielle provoque des mutations économiques et technologiques qui bouleversent le rapport de l’homme au monde. Le noir devient alors la couleur emblématique de l’industrialisation des sociétés occidentales. Dans notre région, les « gueules noires » deviennent les icônes de cette condition ouvrière. Grâce entre autres à des photographies, l’exposition rend aussi hommage à ce passé minier dont les images sont dominées par le charbon et ses traces aux infinies nuances.