Nécropole Notre-Dame de Lorette où repose les corps de 44 000 soldats

Sur les traces des disparus de la Grande Guerre

Exposition du Centre d’histoire du Mémorial’14-18 Notre-Dame de Lorette – du 15 octobre 2022 au 5 mars 2023

La nouvelle exposition du centre d’histoire du Mémorial’14-18 Notre-Dame de Lorette propose d’aborder les 700 000 disparus de la Grande Guerre. Ce que l’on sait moins de la guerre 1914-1918, c’est qu’il existe encore 700 000 disparus toute nationalité confondue sur l’ensemble du front. Chaque année, des fouilles archéologiques permettent de retrouver et d’identifier près d’une dizaine de corps. Un travail méconnu, que le Mémorial’14-18 Notre-Dame-de-Lorette a voulu mettre à l’honneur dans sa prochaine exposition « Sur les traces des disparus de la Grande Guerre ».

Affiche de l'exposition Sur les traces des disparus de la Grande Guerre au Mémorial'14-18 Notre-Dame de Lorette

A cette occasion, quelques archéologues pionniers de la Grande Guerre ont accepté de répondre à nos questions.

Pourquoi l’archéologie de la Grande Guerre est restée assez méconnue ?

Portrait d'Alain Jacques commissaire de l'exposition Sur les traces des disparus de la Grande Guerre

Alain Jacques commissaire de l'exposition

Les événements qui se sont déroulés durant la Grande Guerre commencent à disparaître de notre paysage. L’archéologie de la Première Guerre mondiale est une discipline qui a maintenant plus d’une trentaine d’années. Elle permet d’apporter des renseignements que l’on ne trouve pas dans les livres d’histoire, ou même la littérature combattante.
Des découvertes majeures ont été faites et ont permis d’en apprendre plus sur les pratiques d’inhumations au front, sur les cantonnements et le quotidien des soldats. Elle est désormais indiscutable pour toute la profession et pour le grand public à la recherche d’informations sur l’identification des disparus.

Pourquoi retrouver un corps de disparu est un moment à part ?

Gilles Prilaux archéologue

Gilles Prilaux, archéologue et chef de projet à Somme Patrimoine

Pour moi découvrir les restes d’un soldat est une situation un peu spécifique. Parfois, on a la possibilité d’identifier cet homme, et de retrouver derrière des familles.
Cette particularité fait la différence pour moi, alors que pour des sépultures antiques par exemple, le temps long fait que le défunt est complètement anonyme. Il y a aussi la conservation de certains éléments comme les cuirs, avec les ceintures, ou même des chaussures qui sont encore aux pieds qui humanisent plus fortement encore la découverte.

Avez-vous un souvenir particulier qui vous a marqué ?

Frédéric Adam, archéo-anthropologue à l’INRAP de Metz

J’ai participé en 2018 à la fouille d’un cimetière allemand, dont une partie été dédiée à des soldats français. Ce cimetière oublié comportait encore des corps, dont celui d’un soldat français avec une plaque d’identification. Après un nettoyage et une rapide recherche, j’ai pu rapidement mettre un nom sur cet homme. Une recherche ADN a ensuite été menée à partir du squelette en comparaison avec l’ADN de ses trois petits-fils supposés. Tous les résultats concordaient, et ce Poilu, disparu depuis un siècle, a pu être réinhumé dans le caveau familial.
D’ailleurs, un de ses petits-fils vit toujours dans la maison familiale de son ancêtre.

En pratique

Le centre d’histoire – 102 rue Pasteur à Souchez, vous accueille

Centre d'histoire du Mémorial14-18 Notre-Dame de Lorette

Du 1er avril au 11 novembre :

  • du mercredi au vendredi 10h-13h / 14h-18h
  • Samedi et dimanche 11h-13h / 14h-18h

Du 12 novembre au 31 mars :

  • du mercredi au dimanche 13h-17h

Retrouvez la programmation en lien avec l’exposition Sur les traces des disparus de la Grande Guerre

Affiche de l'exposition Sur les traces des disparus de la Grande Guerre au Mémorial'14-18 Notre-Dame de Lorette

Sur les traces des disparus de la Grande Guerre

700 000 : c’est le nombre estimé de soldats disparus, toutes nationalités confondues, entre 1914 et 1918.  Depuis une trentaine d’années, des découvertes fortuites menées sur les anciennes lignes de front permettent de mettre au jour des tranchées, des munitions, des objets du quotidien mais aussi les corps de soldats disparus : tout un pan du conflit absent des livres d’histoire et qui ne peut être connu que par l’expérience des hommes qui œuvrent aujourd’hui sur le terrain au plus près de 14-18.