Au nord, c’était les corons…

Les Corons, c’est l’histoire d’une chanson, désormais mythique ici à Lens, clamée par 30 000 supporters Sang et Or au stade Bollaert-Delelis : émotions et frissons garantis !
Mais savez-vous quand et pourquoi les supporters lensois en ont fait leur hymne ? On vous raconte !

Sarah et l'émotion des Corons

“Pour moi, cela fait partie des moments à vivre chez nous, un match à Bollaert ! Après avoir fréquenté quelques stades, c’est à Bollaert que j’ai passé le meilleur moment. Un public qui ne s’essouffle jamais et qui encourage son équipe jusqu’au bout.

Juste avant la deuxième mi-temps, tout le stade entonne cette chanson mythique, je les accompagne en chœur, on ne saurait faire autrement. C’est prenant, je dirais même, poignant !

Je me surprends à retenir des larmes, et à terminer en applaudissant avec un sourire XXL les yeux tout embués.”

Cette chanson est entonnée par les ultras entre 1993 et 1995. Tout le monde parlera du public lensois et de sa reprise des « Corons » après la mort de Pierre Bachelet en 2005, qui sera d’ailleurs chanté avant le match du 19 février 2005 par 32000 spectateurs.

L’année suivante c’est un hommage à la veuve de Pierre Bachelet qui a lieu au sein de Bollaert. Le 11 mars 2016, c’est pour commémorer les 110 ans de la catastrophe de Courrières avec une banderole : 110 ans après, nous n’avons toujours pas oublié ! Reposez en paix ! Les Corons sont alors chantés a capella.

Tous les supporters présents à la fin de saison 2009 se souviennent de la fin du match à Boulogne-sur-Mer où la remontée en Ligue 1 est confirmée et où Les Corons sont repris par tout le stade (Boulonnais compris).

Il y a donc, vous l’avez compris, une véritable histoire entre le public lensois et les Corons. Histoire peut-être difficile à comprendre car, finalement Pierre Bachelet n’est pas d’ici – il naît à Paris et habitera à Calais d’où est originaire son père, mais ce texte parle tellement à ceux d’ici, à ce qu’ils ont vécu. C’est ce qu’évoque la chanson qui touche les nôtres.

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’origine du club est très loin de la mine, c’est un club de la bourgeoisie lensoise qui est formé en 1906. L’identité ouvrière n’apparaît qu’à partir de 1934 après le rachat du club par la Société des Mines de Lens voire même après 1940 quand le football devient le sport ouvrier majeur.
Enfin rappelons que les couleurs du club n’ont rien à voir avec le sang versé par nos mineurs et l’or que représentait le minerai noir, mais c’est une référence à la domination espagnole.

Cette chanson marque les esprits et rappelle des instants empreints de nostalgie mais également des moments de joie et de liesse populaire.
La sono crache les premières notes et tout le stade se met à vibrer au son des Corons, à en avoir la chair de poule !

Le bel hommage aux Corons lors de la présentation du maillot extérieur de la saison 2019/2020 qui a porté chance aux Lensois…

réviser les corons avant d’aller au match

Refrain :
Au nord, c’étaient les corons
La terre c’était le charbon
Le ciel c’était l’horizon
Les hommes des mineurs de fond

Nos fenêtres donnaient sur des fenêtres semblables
Et la pluie mouillait mon cartable
Et mon père en rentrant avait les yeux si bleus
Que je croyais voir le ciel bleu

J’apprenais mes leçons, la joue contre son bras
Je crois qu’il était fier de moi
Il était généreux comme ceux du pays
Et je lui dois ce que je suis

Refrain

Et c’était mon enfance, et elle était heureuse
Dans la buée des lessiveuses
Et j’avais des terrils à défaut de montagnes
D’en haut je voyais la campagne

Mon père était « gueule noire » comme l’étaient ses parents
Ma mère avait les cheveux blancs
Ils étaient de la fosse, comme on est d’un pays
Grâce à eux je sais qui je suis

Refrain

Y avait à la mairie le jour de la kermesse
Une photo de Jean Jaurès
Et chaque verre de vin était un diamant rose
Posé sur fond de silicose

Ils parlaient de 36 et des coups de grisou
Des accidents du fond du trou
Ils aimaient leur métier comme on aime un pays
C’est avec eux que j’ai compris

Refrain

Le ciel c’était l’horizon
Les hommes des mineurs de fond